Le marché entre les deux églises
Le brouhaha du marché dominical. Les voix qui se croisent, les cagettes qu'on pose, un 'bonjour !' lancé d'un étal à l'autre.
Marché du dimanche, entre la vieille église et l'église neuve
Chapitres
Il est neuf heures du matin, le parking entre les deux églises se transforme. Les étals s'alignent, les primeurs disposent leurs légumes, le poissonnier crie ses arrivages du jour. Le marché de Saint-Lunaire prend vie, comme chaque dimanche depuis des décennies.
Ce qui frappe d'abord, c'est le son. Un brouhaha chaleureux fait de conversations qui se chevauchent, de rires, de « bonjour ! » lancés d'un étal à l'autre. Ici, on se reconnaît. Le retraité du bourg croise la famille en vacances, le pêcheur discute avec le néo-rural installé depuis trois ans. Le marché reste peut-être le dernier lieu où la commune entière se retrouve, toutes générations et toutes origines confondues.
Mais qu'en est-il en hiver, quand le marché rétrécit faute de clients ? Et que disent les commerçants de cette saisonnalité qui rythme leur activité ? Dans cet épisode, nous donnons la parole à Jean-Marc, maraîcher présent depuis vingt ans, et nous explorons d'autres lieux de rencontre à Saint-Lunaire : la Vallée de l'Amitié, la médiathèque, le stade... Où se fabrique vraiment le lien social dans une commune littorale ?
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Écoutez. « Bonjour madame Gicquel ! Ça sera comme d'habitude ? » « Oh, remettez-moi donc une botte de poireaux, ils étaient fameux la semaine dernière ! » Une cagette de pommes qu'on pose. Un rire, plus loin. Le cliquetis de la monnaie. Le marché de Saint-Lunaire bat son plein.
Nous sommes dimanche, neuf heures passées. Le parking coincé entre la vieille église romane du XIe siècle et l'église neuve du XIXe s'est métamorphosé. À la place des voitures, des étals colorés. Fruits et légumes du pays, poissons de la criée de Saint-Malo, fromages fermiers, crêpes dorées qui embaument...
Mais ce qui fait le marché, au fond, ce n'est pas seulement ce qu'on y achète. C'est ce qu'on y vit. Jean-Marc tient l'étal de légumes depuis 1997. Il connaît tout le monde. « Le marché, c'est mon journal. Je sais qui va bien, qui a des soucis, qui est revenu pour les vacances. C'est là qu'on prend le pouls de la commune. »
Pourtant, le marché change. En été, il faut jouer des coudes entre les étals. En hiver, ils se comptent sur les doigts d'une main. « Janvier-février, c'est dur. On se demande parfois si ça vaut le coup de venir. Mais les habitués comptent sur nous, alors on tient. »
Le marché serait-il le dernier lieu où Saint-Lunaire se retrouve vraiment ? Pas le seul, heureusement. La Vallée de l'Amitié, ce parc verdoyant au cœur du bourg, voit défiler promeneurs et familles. La médiathèque organise des rencontres. Le club de foot rassemble les générations. Mais le marché garde quelque chose d'unique : on y vient sans rendez-vous, on y croise par hasard, on y recrée du lien sans effort.
Alors la question de cette semaine : c'est quoi, pour vous, l'endroit de Saint-Lunaire où l'on se retrouve vraiment ? Dites-le nous en commentaire. À bientôt pour un nouveau son de Saint-Lunaire.
C'est quoi, pour vous, l'endroit de Saint-Lunaire où l'on se retrouve vraiment ?
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