Le ralentisseur du Clos Marjot
Le « poc-poc » d'une voiture qui passe sur le nouveau ralentisseur. Puis le silence revient, et avec lui le chant des oiseaux.
Lotissement du Clos Marjot, un mercredi après-midi
Chapitres
Au Clos Marjot, un nouveau ralentisseur vient d'être installé. Les riverains l'attendaient depuis des années. Les voitures passaient trop vite, trop près des maisons. C'était devenu dangereux pour les enfants qui jouent dehors, pour les vélos qui longent la route, pour les piétons qui traversent.
Mais derrière ce simple aménagement se cache une réflexion plus profonde sur la place de la voiture dans nos lotissements. En ralentissant les véhicules, on redonne de l'espace aux sons oubliés : le chant des mésanges dans les haies, le bruissement du vent dans les arbres, les conversations entre voisins. On redonne aussi de la place aux modes doux — le vélo, la marche — qui peinent à trouver leur chemin dans une commune pensée pour l'automobile.
À Saint-Lunaire, la question est d'autant plus sensible que beaucoup d'enfants font le trajet vers l'école à pied ou à vélo. La sécurité de ces déplacements est une préoccupation constante des parents. Une piste cyclable existe sur certains tronçons, mais elle reste fragmentée, parfois dangereuse aux intersections.
Dans cet épisode, nous rencontrons des habitants du Clos Marjot, mais aussi des parents d'élèves mobilisés pour sécuriser le chemin de l'école. Nous explorons ce que d'autres communes ont fait pour devenir plus cyclables, plus marchables. Et nous posons la question : à quoi ressemblerait Saint-Lunaire si on pouvait traverser la commune à vélo en toute sécurité ?
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Écoutez. Une voiture approche. Elle ralentit. Poc-poc. Les roues passent sur le ralentisseur. Puis elle s'éloigne, et le calme revient. Dans les arbres du jardin voisin, une mésange reprend son chant. Deux enfants à vélo passent en riant.
Nous sommes au Clos Marjot, un lotissement résidentiel de Saint-Lunaire. Ce ralentisseur, les habitants l'ont demandé pendant des années. « Les voitures passaient à 50, parfois plus », raconte Michel, qui habite ici depuis 2015. « Avec les enfants qui jouent dehors, c'était devenu stressant. On n'osait plus les laisser sortir seuls. »
Le ralentisseur a changé les choses. Les voitures freinent, passent doucement, repartent. Et dans cet intervalle de calme, quelque chose d'autre apparaît. « Depuis qu'il y a moins de bruit de moteur, on entend mieux les oiseaux », remarque Sylvie, sa voisine. « J'ai même vu revenir des mésanges dans la haie. Elles n'aimaient pas le bruit, je crois. »
Ce que révèle ce simple aménagement, c'est l'impact du trafic sur notre environnement quotidien. La vitesse des voitures, ce n'est pas seulement un danger physique. C'est aussi une pollution sonore qui efface les sons de la nature, qui décourage la marche et le vélo, qui transforme nos rues en couloirs de passage plutôt qu'en espaces de vie.
À quelques centaines de mètres du Clos Marjot, l'école primaire accueille chaque matin des dizaines d'enfants. Certains viennent à pied, d'autres à vélo, beaucoup en voiture. « J'aimerais que ma fille puisse y aller seule à vélo », confie Nathalie, maman de deux enfants. « Mais il y a ce carrefour sur la route de Dinard où c'est vraiment dangereux. Pas de piste cyclable, des voitures qui tournent sans regarder... Je n'ose pas. »
La question de la sécurité sur le trajet de l'école mobilise de nombreux parents. Un groupe s'est formé pour demander des aménagements : une piste cyclable continue, des passages piétons sécurisés, des zones de rencontre où piétons et vélos sont prioritaires. « D'autres communes l'ont fait », rappelle Thomas, l'un des membres du collectif. « Regardez ce qui se passe aux Pays-Bas, au Danemark, mais même en France, à La Rochelle ou Grenoble. C'est possible. »
Alors, à quoi ressemblerait Saint-Lunaire si on pouvait la traverser à vélo en toute sécurité ? Si les enfants pouvaient aller à l'école sans risque ? Si les rues des lotissements redevenaient des lieux de vie plutôt que des axes de passage ?
C'est la question que nous vous posons aujourd'hui. Vous ou vos enfants vous déplacez-vous à vélo à Saint-Lunaire ? Qu'est-ce qui vous en empêche ou vous y encourage ? Partagez votre expérience dans les commentaires, ou par mail à contact@yannlaunay.ovh.
À bientôt, pour un nouveau son de Saint-Lunaire.
Vous ou vos enfants vous déplacez-vous à vélo à Saint-Lunaire ? Qu'est-ce qui vous en empêche ou vous y encourage ?
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